Milan innove pour le climat!

Le ciel de Milan n’est pas toujours très bleu. La capitale économique de l’Italie est l’une des villes les plus polluées d’Europe. Mais dès ce lundi 25 février, Milan deviendra l’une des premières villes européennes à bannir totalement les voitures Diesel Euro 0,1,2,3 ! La zone d’interdiction s’étend sur 128 kilomètres carrés, et concerne 98% de la population résidente.

Déjà depuis 2011, des cameras de surveillance enregistrent les numéros de plaque de tous les véhicules qui entrent dans la ville lombarde. Chaque voiture , hormis les électriques, paie un ticket de 5 euros. Les automobilistes ont l’habitude: « Cela me semble une chose normale désormais. Je le paie chaque fois que je passe ,ça me casse les pieds, parce que nous venons ici pour travailler et nous devons payer c’est ridicule » explique un plombier au volant de son utilitaire.

En 7 ans, le trafic dans la zone C, le nom de la zone payante, a diminué. Même si 90.000 voitures en moyenne pénètrent encore encore chaque matin dans le centre historique. Pour l’échevin des transports, Marco Granelli, c’est déjà une victoire…

« Aujourd’hui nous avons réussi a diminuer de 38 % le trafic des véhicules par rapport à 2012, je parle des voitures qui entrent dans le centre historique de Milan.Autre bénéfice, l’argent. 30 millions d’euros par an qui tombent dans les caisses de la ville.De quoi financer un service de vélos partagés, et une augmentation de 10 % de l’offre de transport public avec notamment des nouvelles lignes de Métro.

Mais paradoxalement, malgré la zone C, la pollution à Milan ne diminue pas. Un jour sur quatre l’air est irrespirable. En 2017, Milan a comptabilisé encore 97 jours de dépassement des seuils limites de la concentration des particules fines dans l’air, les PM10.

« Si on mesure les PM10, comme le font nos centrales de contrôles dans la ville, on remarque que le péage urbain n’impacte pas sur le niveaux des PM10, ces interventions sont donc nécessaires mais pas suffisantes » explique le Professeur de biologie et toxicologie de l’université Bicocca, Paride Mantecca. Depuis l’introduction du péage urbain, le volume globale des particules ne diminue pas mais leur toxicité a changé explique Luca Ferrero un chercheur en chimie de l’atmosphère.

« Certains marqueurs dans les particules, très importants d’un point de vue toxicologique, comme par exemple les métaux lourds, le manganèse, le zinc ou le plomb, qui sont nocifs et directement liés aux émissions des voitures ont diminué de 20 à 30 % à l’intérieur de la zone payante. » 

Voilà pourquoi Milan passe à la vitesse supérieure en élargissant la zone d’interdiction et le type de voitures concernées. En 2030, Milan interdira totalement les véhicules Diesel! En attendant les habitants peuvent bénéficier d’aides économiques pour remplacer leur vieille voiture Diesel avec un modèle électrique. Le climat remercie.

Valérie Dupont

Correspondante en Italie