Matteo Salvini, la star des souverainistes européens.

Matteo Salvini n’a pas attendu les résultats complets pour fêter sa victoire. Sur les réseaux sociaux, vingt quatre minutes seulement après la fermeture des bureaux de vote, il a publié une photo, on le voit souriant et montrant une feuille de papier sur laquelle est écrit : « Premier parti d’Italie ! Merci ». Matteo Salvini a gagné haut la main ces élections européennes, avec près de 35 % des voix, il a doublé le résultat des élections législatives de mars 2018, sans compter qu’en 2014, La Ligue du Nord n’avait obtenu que 6 % des voix aux élections européennes. Mais depuis lors, Matteo Salvini a transformé le parti régionaliste et xénophobe en un parti nationaliste etsouverainiste qui a désormaispris pied dans toute l’Italie même dans les régions rouges comme l’Emilie-Romane.Si Matteo Salvini crie victoire, Luigi Di Maio, son allié du Mouvement 5 Etoiles dans le gouvernement, a essuyé unecuisantedéfaite. « Nos gens ne sont pas allés voter », a-t-il avancé comme argument, expliquant que dans les régions du Sud, leur bassin électoral, l’absentéisme est en forte augmentation. Mais il est clair que dès ce lundi matin, le jeune chef politique du Mouvement 5 Etoiles va devoir rendre des comptes à cette base qui n’a jamais digéré l’alliance avec La Ligue. Le Parti démocrate relève timidement la tête, redevenant le deuxième parti du pays. Silvio Berlusconi est élu député européen à 82 ans, mais son parti est clairement en liquidation. 

Sur le plan national, la victoire de La Ligue pourrait provoquer une crise interne au gouvernement populiste souverainiste. Le rapport de forces entre les deux formations s’est complètement inversé, et ce sera désormais Matteo Salvini qui pourra menacer Luigi Di Maio de débrancher la prise s’il n’obtient pas gain de cause sur les dossiers et les promesses de son parti. Difficile pour le Mouvement 5 étoiles d’accepter la construction du TGV Lyon-Turin, la taxe unique à 15 %, ou encore un nouveau décret sécurité qui permettrait à La Ligue de se présenter aux Italiens comme le seul parti qui réussit à tenir ses promesses. Une crise de gouvernement, permettrait à La Ligue de repartir en campagne, l’exercice qui convient le mieux à Matteo Salvini, en lui permettant aussi de faire retomber sur le mouvement populiste la responsabilité d’avoir plombé les finances publiques italiennes avec à cause l’idée du revenu citoyen. Sur le plan européen, la Ligue enverra le groupe euro-sceptique le plus nombreux au parlement européen. Consacré, chef de file des souverainistes, il ne réussira pourtant pas à changer l’Europe comme il l’avait promis mais pourrait devenir un empêcheur de tourner en rond, au bras de Marine Le Pen, son amie de toujours. Les deux compères pourront poursuivre leur discours destructif, pointant du doigt l’Europe comme la grande responsable de tous les maux. L’Italie a décidément la mémoire courte.

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